Who am I

Le couteau suisse à l'heure de l'IA

Manifeste d'un Maker heureux

Retour d'expérience après un an sans écrire une ligne de code. L'IA a changé ma façon de construire, et j'en suis bien heureux.

22 April 2026
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Hé ouais, j’aurais jamais cru dire ça un jour et pourtant mon constat est là : l’IA a remplacé dans les usages le coding (écrire des chiffres et des lettres pour parler à une machine).

Mon parcours a commencé il y a bientôt 3 ans, comme beaucoup de gens, avec l’arrivée de ChatGPT 3.5. Au début, comme tout le monde, la fascination, car il faut bien le dire, c’était assez bluffant (c’est le bon mot). Puis les (r)évolutions s’enchaînent : Claude Sonnet, Claude Code, l’agentic, pour ne citer que celles que j’ai trouvées majeures.

Il y a un an et demi, je m’étonnais d’un CTO qui me disait : « Bah ouais, maintenant le code c’est devenu un truc abstrait qu’on manipule pour obtenir ce que l’on veut. » Finies les déclarations d’amour au dieu du code, l’adoration du Craft et l’adulation de la ligne de code. Il était content d’être débarrassé des points-virgules, des parenthèses, et j’avoue que j’étais un petit peu sceptique, même si à cette époque j’avais déjà un Claude Desktop bidouillé aux MCP divers.

Et puis 2025 est passé. Tous mes side projects (une bonne quinzaine) sont passés à l’IA : des trucs de prod, du K8s, du Go, du Python. Le système de gestion solaire que je trouvais nul chez mon fournisseur, je l’ai recodé en perso. La résilience de mon homelab frôle celle d’un SI du CAC40. Et un an après, il est temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Je n’ai pas codé une ligne de code en 2025, je n’ai jamais eu un code d’un tel niveau de qualité en production et un niveau de productivité équivalent. J’ai plus de 30 projets dans le pipe d’une diversité assez folle pour mon humble niveau. mais surtout j’ai créé un harnais bien serré pour l’IA, basé sur mes guidelines de dev et qq astuces (ça fera surement l’objet d’un autre article).

Je vais pas vous dire que c’est grâce à 20 ans d’expérience dans l’informatique. C’est pas faux, mais c’est largement sous-estimer l’aide que m’a procurée un LLM dans ce « travail ». Oui, parce que c’est là le sujet. En fait, j’ai été vraiment content de faire ça, j’ai pris du plaisir, et bien plus qu’en alignant des lignes de code dans mon travail, à absorber des syntaxes bizarres car inventées par un ayatollah adulé par des disciples. Je me suis adapté, j’ai subi, pourtant j’ai appris des outils par moi-même.

Aujourd’hui, j’ai plus besoin de m’adapter, je peux laisser libre cours à mes idées, comme le Maker que je suis. J’utilise souvent cette analogie : j’ai miné pendant 20 ans dans beaucoup de mines différentes, aujourd’hui j’ai une pioche laser. C’est le même outil qu’avant, je peux me couper avec, mais je passe plus 10h dans une veine de charbon pour sortir… pas grand-chose. Finies les sessions de 4h le soir pour sortir une malheureuse feature, finis les tests à n’en plus finir pour avoir la qualité que j’attends, et j’en suis vraiment heureux.

Je me suis rendu compte que ce qui m’importe, c’est de créer, pas d’apprendre les arcanes d’une interface homme-machine. Et je constate cet enthousiasme autour de moi chez des amis « non devs » qui me disent : « Putain, j’ai fait un truc en Python, ça fait 10 ans que l’éditeur aurait pu sortir ça, finie la galère pour mon équipe de dessinateurs indus. »

Les boîtes de SaaS ont bien transpiré en bourse et ce n’est pas fini, les cols blancs vont transpirer aussi et ce n’est que le début. La valeur va se trouver dans des cerveaux qui pensent différemment, qui shippent des raccourcis de l’espace pour atteindre leur but, qui donnent la priorité à la valeur du produit (sans que ça soit au détriment d’un code maintenable).

Il y a encore de nombreux défis à tenir :

  • Comment les jeunes générations vont tenir des pioches laser sans avoir jamais ressenti les vibrations de la pioche en bois sur une pierre de granite ?
  • Les entreprises qui arrêtent de prendre des débutants parce que l’IA fait mieux sont en train de se couper l’herbe sous le pied (rdv dans 10 ans). Comment vont-elles aborder ce virage ?
  • Les vieux (comme moi) vont-ils vouloir transmettre leur savoir issu de leur expérience, sachant que c’est tout ce qu’il leur reste (et encore) ?
  • Est-ce qu’on va continuer à produire encore plus de produits inutiles ?
  • Combien de temps va durer encore l’économie du token gratuit dans laquelle nous vivons ?

Moi, je terminerai juste sur cela.

Le Craft est mort, vive le Made. Et pour une fois dans ma carrière, j’ai arrêté de vénérer l’outil pour me concentrer sur ce qu’il produit. Et j’en suis bien heureux.